Campagne "Les cyclistes comptent !"

Type d'étude: 
Observatoire
Région(s): 
Région de Bruxelles-Capitale
État: 
Terminée

Participez à la campagne de 2015 !

Inscriptions sur www.lescyclistescomptent.be.

En 2012, dans le cadre de la Semaine de la Mobilité, Pro Velo EVENT lançait à Bruxelles une campagne intitulée "Les cyclistes comptent !". Pour le grand public, qui était invité à participer activement à cette campagne citoyenne, les objectifs étaient :

  • d'évaluer le rapport entre le nombre de vélos et le nombre de voitures privées sur la voirie ;
  • de lui permettre de s'approprier un outil de réflexion sur le partage de l'espace public.

En pratique, du lundi 17 au vendredi 21 septembre, les habitants des 19 communes étaient invités à se positionner en bordure de la voirie et à compter voitures et vélos pendant 20 minutes consécutives durant les heures de pointe (entre 7-9h & entre 16-18h20).
Cette première expérience a rencontré un véritable succès puisque 381 comptages ont été effectués. La plupart des compteurs ont mené l'exercice devant chez eux mais certains ont choisi de le faire au boulot ou aux points de passage pour lesquels ils avaient une curiosité particulière. Si la majorité des participants a réalisé un seul comptage, quelques compteurs zélés ont réitéré l'exercice pas moins de huit fois...

Quelques précisions méthodologiques

Pour pouvoir proposer des résultats statistiquement fiables, nous avons choisi de regrouper les points de comptage en fonction de la hiérarchie de la voirie. Les voiries sont ainsi hiérarchisées en cinq catégories* :

  • les voiries métropolitaines assurent l'accès aux grands équipements métropolitains (gares importantes, palais des expositions...) ;
  • les voiries principales complètent le réseau des voies métropolitaines pour assurer les grands mouvements dans la ville ;
  • les voiries inter-quartiers qui relient les quartiers entre eux et permettent de rabattre le flux de véhicules vers les voiries de niveaux supérieurs ;
  • les collecteurs de quartier, dont la vocation est de permettre de circuler d'un quartier à l'autre sans engorger le réseau principal et inter-quartier ;
  • les voiries locales, prévues pour la desserte des riverains.

Pour des raisons pratiques, les voiries métropolitaines et principales ont été regroupées.

D'autres considérations méthodologiques devraient être exposées pour brosser un portrait complet de la question mais nous nous contenterons à ce stade de ces quelques remarques préliminaires.

Les résultats

La carte illustre la localisation des comptages. On constate au premier coup d’œil que ceux-ci sont "naturellement" bien répartis sur le territoire régional. Ces données étayées par les chiffres** repris ci-dessous permettent, malgré certains biais, de tirer quelques conclusions très intéressantes.

  1. La hiérarchie des voiries est bel et bien une réalité dans les chiffres puisqu'on comptabilise de plus en plus de voitures en montant dans la hiérarchie. Mais ce constat ne doit pas masquer le fait que le nombre de voitures dans les voiries locales reste trop élevé par rapport à la fonction normale de ces rues (comme en témoigne le Plan Iris 2) . Les commentaires des compteurs sont d'ailleurs assez unanimes à cet égard : bien que souvent conscients du nombre important de voitures dans leurs rues, les chiffres dépassent encore leur impression initiales.
  2. Les cyclistes ont également tendance à "respecter" la hiérarchie de la voirie puisqu'ils sont de plus en plus nombreux quand on monte dans la hiérarchie. Cette tendance illustre bien l'importance des voiries de catégories de niveaux supérieurs pour les cyclistes : ce sont des axes structurants dans leurs déplacements.
  3. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les cyclistes sont "dilués" dans la masse des voitures. Ceci s'explique bien entendu par le fait que le nombre de voitures augmente plus vite que le nombre de cyclistes en montant dans la hiérarchie.

Mis en relation, ces trois constats tendent à démontrer que la logique des itinéraires cyclables régionaux (ICR), empruntant de manière préférentielle les voiries locales, est bien entendu à poursuivre mais doit se doubler d'une systématisation de l'aménagement des voiries de niveaux supérieurs pour les cyclistes.

    nb vélos / 20 minutes nb voitures / 20 minutes nb vélos / 100 voitures
type de voirie nb vélos nb voitures nb comptages moyen médiane moyen médiane moyen
 
médiane
principale ou métropolitaine 447 8158 22 20 14 371 327 5 4
inter-quartier 1222 19568 81 15 10 241 229 6 4
collecteur principal 821 10579 65 13 10 163 150 8 7
locale 1364 15556 213 6 4 73 55 8 7
tout type confondu 3854 53861 381 10 6 141 116 7 6

La suite ?

L'expérience l'a prouvé : les comptages permettent d'éclairer certains aspects très intéressants de la démarche à mener en matière de politique vélo. Nous espérons donc pouvoir réitérer la campagne en septembre 2013 et faire participer encore plus de citoyens...
 

* Le Plan Régional de Développement fixe une hiérarchie de la voirie à quatre niveaux : les métropolitaines, les principales, les inter-quartiers et les locales. Face au transit constaté sur bon nombre de "grosses" voiries locales, certaines d'entre-elles ont été promues au niveau de "collecteur principal de quartier" dans le cadre du Plan Iris 2, introduisant ainsi un cinquième niveau voué à disparaître lorsque le transit aura été maîtrisé.

** Les chiffres sont présentés à la fois sous la forme de moyenne (qui exprime la grandeur qu'aurait chacun des comptages de l'ensemble s'ils étaient tous identiques, soit la somme des valeurs des comptages divisée par le nombre de comptages) et sous la forme de médiane (qui correspond au milieu de la distribution des comptage : la moitié des comptages du groupe sont plus petits que cette valeur tandis que l'autre moitié est plus grande).

A télécharger: